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samedi 20 octobre 2001, 15h54
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Faible mobilisation pour la manifestation contre le gouvernement croateZAGREB, 20 oct (AFP) - Dix mille personnes environ, selon les journalistes présents sur place, ont manifesté samedi sur la place centrale de Zagreb contre le gouvernement et notamment contre sa politique de collaboration avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie. Massés autour d'un podium où se succédaient des discours enflammés contre le gouvernement de centre-gauche au pouvoir depuis le 27 janvier 2000 et dirigé par le Premier ministre Ivica Racan, les manifestants, en majorité des anciens combattants de la guerre serbo-croate de 1991-95, brandissant des drapeaux croates ou les oriflammes de leurs anciens régiments. Ils étaient loin d'atteindre le chiffre de 100.000 escompté par les organisateurs. Peu de temps avant le début de la manifestation, le principal organisateur, Mirko Condic, président d'un "état-major central national pour la défense de la dignité de la guerre patriotique" avait estimé à 30.000 le nombre de participants. Trois cents cars, venus de toute la Croatie et même pour certains de Bosnie, avaient acheminé les manifestants jusqu'à la capitale. Il s'agissait d'abord pour les orateurs de dénoncer la collaboration du gouvernement avec le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie, et notamment de demander l'arrêt des poursuites contre le général en retraite Ante Gotovina, inculpé de crimes de guerre par le TPI, et sous le coup d'un mandat d'arrêt international. Les anciens combattants ont aussi réclamé l'organisation d'un référendum pour demander aux Croates s'ils étaient d'accord pour assimiler les anciens combattants aux forces alliés qui ont libéré l'Europe du joug nazi pendant la Seconde guerre mondiale. Etroitement liés au principal parti d'opposition, la Communauté démocratique croate (HDZ, nationaliste), au pouvoir sous l'ancien président Franjo Tudjman, ils s'en sont pris aussi à la politique sociale du gouvernement. Soucieux de préparer la candidature de la Croatie à l'Union européenne, le Premier ministre Ivica Racan s'est lancé dans une politique de rigueur, et souhaite notamment abolir les avantages sociaux dont jouissent ceux qui se sont battus contre les Serbes dans le conflit qui a déchiré le pays. Selon Mirko Condic, le gouvernement, soutenu par une coalition où les sociaux-démocrates du Parti social-démocrate (SDP) sont majoritaires, a un mode de pensée "communiste". L'un des orateurs, le général Janko Bobetko, a jugé que la Croatie était en train de s'écarter de l'Europe de l'ouest pour s'intégrer au reste des Balkans. Mirko Condic a accusé le gouvernement de ne pas respecter ses promesses et de s'attacher à discréditer la guerre "patriotique". Il a sommé le gouvernement de respecter les engagements pris avant son élection, ou de démissionner. Ponctué d'hymnes patriotiques, la manifestation, qui a duré près de trois heures sous un ciel gris, s'est déroulé sans incidents. Mirko Condic avait assuré par avance qu'il s'agirait d'une manifestation "calme et civilisée", tout en se réservant le droit de "recourir à toutes les méthodes d'insubordination civile" si ses demandes n'étaient pas satisfaites Pour sa part, le président Stipe Mesic avait souligné le droit des Croates à la liberté d'expression tout en mettant en garde contre toute tentative de renverser par la violence les autorités légalement en place. Les nationalistes et les anciens combattants dénoncent depuis plusieurs mois la politique de collaboration du gouvernement croate de centre-gauche avec le TPI. La décision d'arrêter et de transférer à La Haye deux généraux inculpés par le TPI, Rahim Ademi et Ante Gotovina, avait provoqué mi-juillet une grave crise politique à laquelle le gouvernement avait survécu par un vote sur une motion de confiance. jpa/es eaf
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